Donzoko, Kurosawa Akira (1957)

DONZOKO, aka Les bas-fonds, aka The Lower Depths
どん底
Année : 1957
Réalisation : Kurosawa Akira
Avec : Mifune Toshirô, Yamada Isuzu, Kagawa Kyôko, Chiaki Minoru, Watanabe Atsushi, Hidari Bokuzen, Nakamura Ganjiro, Fujiwara Kamatari, Ueda Kichijiro, Miyoshi Eiko, Tanaka Haruo, Fujiki Yu, Tono Eijiro

A Tokyo, dans le Japon féodal, un groupe de laissés-pour-compte vit dans un abri en piteux état. Une prostituée, un voleur, un ancien acteur, un artisan, un samouraï ou encore un vieil original… Parfois aux bords du désespoir, aux portes de la folie ou bien encore rongés par l’alcool, ils cherchent chacun une solution pour s’évader, même si l’illusion ne doit durer qu’un seul instant.

Kurosawa adapte une pièce de Maxime Gorki. Sortie en 1902, cette pièce met en scène les marginaux et les misérables dans des bas-fonds tristes et froids. Elle se verra tout d’abord adaptée en 1936 par Jean Renoir, mais c’est le film de Kurosawa, daté de 1957, qui serait le plus fidèle à l’œuvre originale. L’action se situe ainsi presque exclusivement dans cet abri de fortune, que des pauvres gens louent pour pas grand chose pour se protéger de la nuit et du froid. Kurosawa, comme pour rapprocher son long métrage de la pièce, filme donc un huis clos, et on ne voit les personnages sortir qu’en de très rares occasions.

Kurosawa reprendra le thème des bas-fonds dans deux autres films : BARBEROUSSE et DODES’KADEN : deux films et deux réussites majeures. LES BAS-FONDS, selon moi, ne soutient pas la comparaison avec ces deux titres, car si l’œuvre a beaucoup de qualités, elle est sans doute trop longue (un peu plus de deux heures) et le fait de ne pas changer de lieu renforce encore ce sentiment.
Un joli film, néanmoins, au message remarquable (réussir à survivre en laissant ses pensées s’évader). L’ultime scène est également splendide, et la dernière réplique, fabuleuse elle aussi, donne le ton final au film.

Oli :