Uchiage hanabi, shita kara miruka? Yoko kara miruka?, Iwai Shunji (1993)

UCHIAGE HANABI, SHITA KARA MIRUKA? YOKO KARA MIRUKA?, aka Fireworks, Should We See It From the Side or the Bottom?
打ち上げ花火、下から見るか?横から見るか?
Année : 1993
Réalisation : Iwai Shunji
Avec : Yamazaki Yuta, Okina Megumi, Sorita Takayuki, Randy Havens, Kohashi Kenji, Sakuragi Kento, Asagi Kuniko, Mitsuishi Ken, Koyama Reiki, Nakajima Yôko, Sakai Toshiya, Taguchi Tomorowo, Yamazaki Hajime

Norimichi et Yûsuke semblent en pincer pour la même fille, la jolie mais discrète Nazuna. Cette dernière va alors commencer à agir étrangement : ses camarades de classe ne le savent pas encore, mais les parents de la jeune fille vont divorcer, et Nazuna va devoir quitter l’école et la ville pour suivre sa mère.
Loin de tous ces premiers désordres amoureux, le reste de la joyeuse bande commence à se passionner pour cette journée qui doit se clôturer par un feu d’artifices. Mais une question les divise : les feux d’artifice sont-ils plats ou bien ronds, lorsqu’on les observe de côté ?

Iwai Shunji sort de l’école du vidéoclip – et non ce n’est pas un gros mot. Fort de ses succès en la matière, il se lance bien vite dans des réalisations plus ambitieuses, et les courts métrages qu’il va alors réaliser pour la télévision (depuis 1991) vont lui permettre de s’aguerrir tant au niveau de la réalisation que sur le strict plan narratif. Mais ces courts vont être bien plus que de simples brouillons de ses films à venir, puisque certains d’entre eux sont en effet de véritables bijoux (PICNIC, et plus tard APRIL STORY). FIREWORKS se situe d’ailleurs à peu près au même niveau que les deux films précités : il s’agit en effet d’une œuvre intéressante à plus d’un titre.

La réalisation est calme et maîtrisée, on sent que Iwai cherche, et parvient plus ou moins, à s’éloigner de l’esthétique vidéoclip. Les couleurs occupent déjà une place prépondérante dans le récit, notamment ces bleus magnifiques auréolant toutes les scènes au bord de la piscine. Avec ces teintes, et ces musiques (Remedios, un des compositeurs attitré de Iwai signe avec FIREWORKS une très belle partition), on parvient à se détendre, à rire, à prendre du bon temps. Aux cotés de tous ces jeunes, Iwai réussit le tour de force de nous faire retomber en enfance, et on se surprend à s’amuser gaiement des émerveillements naïfs et enfantins de tous ces écoliers, on aborde aussi plus gravement ces instants plus noirs durant lesquels on découvre que, même des jeunes à priori sans histoires, peuvent cacher des blessures secrètes.

FIREWORKS est donc incontestablement une belle réussite, et il apporte déjà la preuve que Iwai sait dépeindre les joies et les petits malheurs des enfants comme peu d’autres réalisateurs. Cette jeunesse japonaise, Iwai semble l’aimer, et il en a aussi bien abordé les cotés les plus touchants (LOVE LETTER, APRIL STORY) que les plus sombres (ALL ABOUT LILY CHOU-CHOU), faisant alors passer les travaux d’autres réalisateurs s’étant attarder sur ces maux pour de vulgaires brouillons.

Si vous appréciez le style Iwai, cette douce mélancolie qui transpire de la plupart de ses œuvres, vous devez découvrir son court métrage FIREWORKS. Car parfois il est bon de faire comme Peter Pan et de retrouver ses 13 ans, pour s’émerveiller comme la joyeuse petite bande du film, avec vos vieux yeux d’enfant, d’un simple feu d’artifice déchirant les entrailles de la nuit.

Oli :